Le prix à la fourchette

Le prix à la fourchette est une variante encadrée du prix libre, créée avec l'expérience pour palier aux problématiques de rentabilité rencontrées sur certaines ventes à prix libre.

 

Avec le prix à la fourchette, le consommateur reste libre de choisir son prix, mais doit le choisir dans une fourchette de prix imposée.

 

Cela permet au vendeur d'être sur de ne pas vendre à perte, ce qui est nécessaire sur des biens ou des services coûteux à produire, ou pour des structures trop fragiles pour pouvoir se permettre de se mettre en danger financièrement.

 

Cela lui permet aussi de garder les principaux atouts du prix libre : la réflexion faite en commun avec le consommateur sur la valeur du travail fourni, et la possibilité de s'adapter à toutes les bourses.

 

Bien sur, la responsabilité du consommateur reste importante : une structure, même à but non lucratif, a besoin de faire des bénéfices pour perdurer*. Si chacun-e ne choisit que la fourchette basse, aucune marge ne sera engrangée, et le travail aura été payé juste à l'équilibre. C'est dommage pour le consommateur qui ne pourra plus bénéficier de cette tarification si le vendeur constate à terme qu'elle n'est pas suffisamment rentable.

 

* : rappelons que les structures à but non lucratif ont tout à fait le droit d'engranger des bénéfices. En fonction de leur taille, de leur activité et de leur chiffre d'affaires, elles peuvent être amenées à payer des impôts ou à être fiscalisées (assujetties à la TVA). Côté salariés, les cotisations sont identiques, les conventions collectives également. Certaines aides à l'embauche sont réservées aux associations, mais ne prennent jamais en charge l'entièreté des salaires, et ne sont pas infinies dans le temps.

La différences avec les structures à but lucratif est que les bénéfices qui sont produits ne peuvent pas être partagés entre les membres de l'association, alors qu'ils peuvent l'être entre les actionnaires d'une entreprise ou d'une société.


A la bonne fourchette ?

Fourchette basse ? Fourchette haute ?

C'est quoi ce charabia ?

La fourchette basse représente souvent le prix de revient, donc de façon générale les éléments suivants :

  • prix des matières premières
  • des salaires
  • de la communication liée à la vente
  • d'une petite part des charges fixes de la structure (admin, assurances, loyers, factures de fluides, etc)

Acheter à la fourchette basse, c'est donc payer juste ce qu'il a fallut mettre en œuvre pour pouvoir produire le bien ou le service. Pour le vendeur, c'est une vente à l'équilibre : pas de perte, pas de marge.

 

La fourchette haute, c'est le prix maximum que l'on peut demander pour le bien ou le service avant de devenir franchement malhonnête ;).

Le consommateur n'a pas le droit de donner plus.

Et entre les deux ?

L'espace entre la fourchette haute et la fourchette basse représente la marge.

 

Cette dernière permet plusieurs choses à la structure, et notamment :

  • d'augmenter sa trésorerie pour être plus solide face aux imprévus ou aux mauvais payeurs, ou pouvoir accorder des délais à ses clients
  • d'investir dans du nouveau matériel, ou de renouveler l'ancien
  • de créer de nouveaux projets sans mettre en danger la structure
  • pour les structures à but non lucratif, de mettre en place des projets qui ne sont pas rentables, mais qui servent ses objectifs et ses valeurs
  • pour les structures à but lucratif, de faire du bénéfice qu'elle peuvent partager entre ses associé-e-s, sociétaires, salarié-e-s, etc
  • etc